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La maladie de Bowen est un carcinome épidermoïde dans lequel il y a des changements dysplasiques dans l’épaisseur de l’épiderme affecté. Elle touche généralement les personnes à la peau claire de plus de 60 ans. Cliniquement, elle se caractérise par des papules et des plaques solitaires ou multiples, squameuses, érythémateuses et à croissance centrifuge lente. Cette lésion cutanée précancéreuse doit son nom au dermatologue américain John T. Bowen. Dans les lignes qui suivent, nous nous pencherons sur les symptômes, le diagnostic et le traitement de cette affection dermatologique.

Qu’est-ce que la maladie de Bowen ?

Les causes de la maladie de Bowen ne sont pas connues dans le détail. Il est cependant certain que des facteurs tels que l’exposition excessive au soleil ou aux lampes bronzantes, la peau claire et l’immunos-uppression affectent son apparence. 

Bronzage
Exposer régulièrement et longuement son corps aux rayons du soleil peut causer la maladie de Bowen.

La maladie se caractérise par la formation d’une tache cutanée anormale sur la tête, le cou, les paumes des mains et la plante des pieds. C’est une tumeur très difficile à identifier car elle est souvent confondue avec l’eczéma ou le psoriasis. Elle affecte des individus âgés des deux sexes et apparaît généralement après l’âge de 50 ans.

Pour le diagnostic du syndrome de Bowen, un examen physique, la connaissance des antécédents et une biopsie tissulaire sont essentiels.  L’affection est traitable avec d’excellents résultats, à condition que le traitement, qui consiste à éliminer la tache de la peau, soit opportun.

La maladie de Bowen n’est pas une tumeur particulièrement grave. Cependant, si son diagnostic est tardif ou si elle est traitée de façon inadéquate, elle pourrait évoluer vers un véritable carcinome.

Cette lésion cutanée précancéreuse est le plus souvent diagnostiquée chez les personnes de race blanche âgées de plus de 60 ans, bien qu’elle puisse survenir chez des personnes beaucoup plus jeunes. On pense qu’elle survient plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes.

Comment se fait le diagnostic de cette maladie ?

Pour le diagnostic de la maladie de Bowen, un examen physique, la connaissance des antécédents médicaux et une biopsie tissulaire de la zone de peau affectée par la tumeur sont fondamentaux.

L’examen physique implique l’observation attentive du patch anormal et sert à délimiter ses caractéristiques. L’anamnèse, en revanche, consiste en une enquête sur l’état de santé du patient et sur ses habitudes. Elle sert à établir si les conditions sont réunies (ou non) pour l’apparition d’un cancer de la peau.

La biopsie tissulaire est le seul test de diagnostic permettant de déterminer la véritable nature de la lésion. La biopsie tissulaire consiste à prélever, directement à partir de la zone cutanée suspectée, un petit morceau de tissu et à l’observer au microscope. Au microscope, les cellules tumorales présentes ont un aspect indubitable.

La biopsie permet de distinguer la maladie de Bowen des autres cancers de la peau ayant des manifestations similaires. Par conséquent, il s’agit d’un test fondamental pour s’assurer qu’il ne s’agit pas en réalité d’une tumeur maligne beaucoup plus grave.

Diagnostic de la maladie de Bowen
La biopsie est un test fondamental pour le diagnostic de la maladie de Bowen car elle permet de la distinguer d’une autre affection.

Quels sont les symptômes de la maladie ?

Les principaux symptômes de la maladie sont la formation de petites taches rouges à bord irrégulier. Ces lésions peuvent être uniques ou multiples. Elles sont localisées en général sur la tête et sur les paumes, mais elles peuvent également toucher les muqueuses des organes génitaux masculins. 

Cliniquement, la lésion se présente comme une papule, une macula ou une plaque. Elle a des bordures bien définies et a un aspect feuilleté, érythémateux ou squameux. Elle a une croissance centrifuge lente, qui fait que ce symptôme ressemble à des lésions de psoriasis. Elle est cependant beaucoup plus stables et ne répond pas au traitement par les corticostéroïdes. La plupart sont des lésions solitaires, elles s’étendent sur toute l’épaisseur de l’épiderme, même si la membrane basale reste intacte. 

Après un certain temps, une plaque jaune avec une surface squameuse se forme sur place. Lors du retrait de la couche squameuse, une plaie exsudée apparaît. En outre, des modifications atrophiques de la peau se produisent dans la zone touchée. Le diamètre des formations peut aller de quelques millimètres à 5 centimètres.

En termes de symptôme, la plupart des patients ne développent qu’un seul patch, mais d’autres peuvent en avoir plusieurs. Ils ne causent généralement pas d’inconfort.

Quelle est la cause de cette affection ?

Comme pour d’autres formes de cancer, la maladie de Bowen est la conséquence d’une lente accumulation de mutations génétiques de l’ADN. En fait, ces mutations sont responsables du phénomène caractéristique de prolifération incontrôlée qui caractérise la formation et la croissance de tumeurs malignes. 

Malgré de nombreuses recherches sur ce sujet, les médecins n’ont pas encore identifié les causes précises des mutations génétiques susmentionnées. Elle semblerait être sous l’influence des facteurs suivants :

  • exposition excessive à la lumière du soleil,
  • exposition excessive aux lampes de bronzage,
  • clarté de la peau,
  • infections causées par le virus du papillome humain,
  • faiblesse immunitaire,
  • exposition à certains produits chimiques tels que l’arsenic. 

On pense que l’exposition chronique au soleil et le vieillissement sont deux facteurs de risque majeurs du développement de la maladie. Les personnes à la peau claire et les personnes qui passent beaucoup de temps à l’extérieur au soleil risquent davantage de développer le syndrome de Bowen. Les gens qui prennent des médicaments pour supprimer le système immunitaire courent également un risque plus élevé que la population générale.

L’exposition chronique à l’arsenic semble constituer un facteur de risque pour le développement de la maladie. Selon la littérature médicale, une exposition chronique à l’arsenic peut provoquer la maladie de Bowen environ 10 ans après l’exposition initiale. L’arsenic est un élément métallique insipide et sans goût. L’arsenic a de nombreuses utilisations dans l’industrie.

La maladie peut également apparaître dans le contexte d’autres pathologies telles que la porokératose de Mibelli, l’épidermolyse bulleuse dystrophique, le lichen plan, le lupus érythémateux et l’épidermodysplasie de Lewandowski-Lutz. La maladie de Bowen ne sévit pas dans les familles et n’est pas contagieuse.

Peau atteinte de la maladie de Bowen
Sur la peau, la maladie de Bowen se traduit par un ensemble de cellules ayant des caractéristiques tumorales. Leur traitement va du curetage à l’excision chirurgicale en passant entre autres par la cryothérapie et l’immunothérapie.

Comment se fait le traitement de la maladie de Bowen ?

La maladie de Bowen nécessite une thérapie visant à l’élimination complète de la tumeur. Cette lésion n’est rien d’autre qu’un ensemble de cellules présentant des caractéristiques tumorales. Pour éliminer la tumeur, il existe plusieurs techniques thérapeutiques, dont l’application dépend de l’emplacement, de la taille et de l’apparence de la lésion. 

Les techniques les plus couramment utilisées sont :

  • curetage et cautérisation
  • thérapie photodynamique
  • cryothérapie
  • chimiothérapie
  • immunothérapie
  • radiothérapie
  • thérapie au laser
  • excision chirurgicale

Le curetage consiste à gratter la peau avec un outil spécial afin d’éliminer les cellules cancéreuses. L’électrocautérisation sert à bloquer les saignements possibles. La combinaison curetage-électrocoagulation est idéale lorsque la lésion est de petite taille.

La thérapie photodynamique consiste en l’’utilisation combinée d’un photosensibilisant à usage topique pour rendre la zone tumorale sensible à la lumière, et d’une source de rayonnement lumineux, afin de tuer les cellules néoplasiques. Cette thérapie se prête très bien au traitement des lésions de grande taille.

La cryothérapie consiste à appliquer de l’azote liquide sur la zone touché afin de geler les cellules cancéreuses et de causer leur mort. L’excision chirurgicale est le retrait de la zone tumorale présente sur la peau à l’aide d’un bistouri. L’inconvénient majeur de cette option thérapeutique réside dans la possibilité de former une cicatrice visible sur la peau.

La chimiothérapie consiste à appliquer des crèmes chimiothérapeutiques sur la peau. Les principes actifs de ces crèmes ont le pouvoir de tuer des cellules à croissance rapide telles que les cellules tumorales. Parmi les médicaments de chimiothérapie topiques les plus couramment utilisés pour traiter la maladie de Bowen figurent ceux à base de 5-fluorouracile.

L’immunothérapie consiste à appliquer des crèmes topiques contenant des composés immunothérapeutiques sur la zone touchée. Leurs principes actifs activent la réponse immunitaire afin d’éliminer les cellules tumorales. Le médicament de choix pour le traitement de la maladie de Bowen est l’imiquimod. 

La radiothérapie implique la projection d’une source de rayons X de haute énergie sur la zone tumorale. Les rayons X tuent les cellules néoplasiques, mais la technique n’est pas toujours efficace. Des rechutes peuvent, en effet, survenir.

La thérapie au laser consiste à exposer la peau à un faisceau de lumière intense capable de vaporiser la tumeur sans endommager de manière excessive les zones saines adjacentes et sans provoquer de perte excessive de sang. Le traitement au laser est indiqué lorsque la maladie de Bowen a touché les doigts ou les organes génitaux.

Il y a une chance sur 10 que la maladie revienne après le traitement. Par conséquent, un suivi régulier est nécessaire pour diagnostiquer tout signe de rechute. Un traitement supplémentaire peut être nécessaire si cela devait arriver. Le pronostic pour la plupart des patients est très bon. La grande majorité des patients chez qui la maladie de Bowen a été correctement diagnostiquée et traitée ne développeront pas de cancer de la peau.