​L’une ​​des questions les plus fréquemment posées par les parents d’adolescents est la suivante : « J’ai découvert que mon fils fumait des joints. Que devrais-je faire ? ». La plupart des adolescents consomment occasionnellement ou régulièrement des « joints », qui contiennent un mélange de tabac et de marijuana. Pour comprendre le sens et les conséquences possibles de cette habitude, il est nécessaire de garder à l’esprit certaines informations scientifiques qui, bien que maintenant largement démontrées, sont encore peu connues.

Ce que vous devez savoir sur la marijuana ou cannabis

La marijuana est une substance gris-vert composée de feuilles, de tiges, de graines et de fleurs séchées déchiquetées de cannabis sativa, la plante de chanvre. Elle contient environ 400 produits chimiques dont le principal est le delta-9-tétrahydrocannabinol qui agit sur le cerveau en augmentant la production de dopamine. Après avoir pris du cannabis, la personne ressent une sensation de plaisir et de bien-être. Elle peut percevoir les couleurs, les sons et le temps de manière altérée.

prévenir la consommation de cannabis chez les adolescents

Que dire à un ado qui fume des joints ? L’usage de la marijuana peut causer divers problèmes psychologiques. Tout d’abord, s’il existe une prédisposition biologique, elle peut déclencher des crises de panique, une dépression et des troubles bipolaires (c’est-à-dire une alternance de dépression et d’euphorie). Elle peut également conduire à un état psychotique (c’est-à-dire un détachement de la réalité avec une méfiance et le sentiment d’être moqué ou persécuté, etc…). Au-delà des prédispositions personnelles, l’usage prolongé de la marijuana peut entraîner des difficultés de concentration, d’attention et de mémoire, avec pour conséquence un effondrement des performances scolaires. In fine, il peut conduire à une perte d’intérêt pour la vie et une tendance à l’isolement. 

Comment parler à un ado qui fume des joints ?

Le sujet doit être abordé avec sérénité mais, en même temps, avec rigueur et responsabilité. Il faut prendre pour acquis qu’en premier lieu vous entendrez la réplique : « Que veux-tu que je fasse avec un joint ? Tous mes amis en fument et puis la télévision et les journaux disent que ce n’est pas nocif ».

Lorsque vous vous rendez compte que votre fils ou votre fille fume des joints, il faut avant tout distinguer la modalité et la fréquence de prise de la substance, c’est-à-dire si la consommation est sporadique ou continue. Pour faire cette distinction, l’observation du comportement est l’outil le plus utile. Y a-t-il eu des changements dans le mode de vie de l’adolescent (performance scolaire, relations avec les membres de la famille, relations avec les autres, activités sportives) ? Si vous constatez un changement de comportement progressif et incontestable, vous êtes très probablement confrontés à un problème dans lequel l’utilisation de la substance nécessite l’intervention d’un spécialiste (psychologue ou psychiatre).

Pour aider l’adolescent à accepter l’aide d’un spécialiste, il convient de ne pas mettre l’accent sur la nocivité de fumer des joints. Cela produirait de l’incompréhension et une fermeture conséquente. Vous devez plutôt vous concentrer sur le malaise évident (tristesse, colère, fermeture envers les autres, sentiment d’insuffisance).

Si par contre l’observation ne révèle pas de changements importants, on peut penser à une utilisation ponctuelle. Dans ce cas une information ciblée peut être suffisante. Celle-ci responsabilise l’enfant et l’amène à devenir autonome par rapport aux choix du groupe.