La marijuana à usage médical est aujourd’hui légale dans de nombreux États dans le monde, mais elle n’a pas encore franchi l’Atlantique. En effet, dans l’Hexagone, le gouvernement se montre ferme sur la question du cannabis, et répète qu’aucune légalisation n’est prévue et qu’une amende de 300 euros sera appliquée aux contrevenants en possession d’un sachet de marie-jeanne. Cependant, depuis 2014, les relations de la France avec la législation du cannabis à usage médical ont commencé à se détendre. Ce changement d’attitude a été mis en évidence au début de 2014 lorsque le ministère de la Santé a modifié le Code de la santé publique afin de permettre l’utilisation du médicament à base de cannabis Sativex.

Le Sativex, ou la version française légale du cannabis médical

Seul médicament à base de cannabis approuvé par le ministère de la Santé, Sativex est un spray contenant des quantités égales de tétrahydrocannabinol (THC) et de cannabidiol (CBD) et que l’on administre directement sous la langue. Toutefois, malgré cet amendement visant à permettre l’utilisation du Sativex en France, celui-ci est strictement limité au traitement des patients atteints de sclérose en plaques.

Le ministère français de la Santé a donc annoncé en 2014 avoir approuvé la vente du médicament Sativex à base de marijuana, une étape qui l’aligne sur les 17 autres pays européens autorisant déjà la prescription du produit. Il s’agit là d’un grand pas pour la France, les médicaments à base de cannabis étant depuis longtemps bannis du marché.

Vaporisateur

L’histoire du cannabis à usage médicinal

Les utilisations médicinales de la marijuana remontent à 2737 av. J.-C., lorsque l’empereur de Chine, Shen Neng, prôna le thé au cannabis comme traitement de la goutte, des rhumatismes, du paludisme et même de la mémoire. La réputation de ce breuvage thérapeutique s’est répandue dans toute l’Asie, au Moyen-Orient, puis en Afrique et en Inde, où les sectes hindoues s’en servaient pour soulager la douleur et soulager le stress. De son côté, le médecin irlandais William O’Shaughnessy a popularisé l’usage médical du cannabis en Angleterre et aux États-Unis après avoir constaté ses vertus en Inde.

Mais à la fin des années 1800, avec la croissance de la toxicomanie à la morphine, les perceptions vis-à-vis de la marijuana ont radicalement changé. C’est d’ailleurs pour cette raison que la FDA américaine (Food and Drug Administration) a été créée en 1906. Même si la marijuana n’est pas spécifiée dans les directives initiales de la FDA, le contrôle des substances chimiques limitait son utilisation en tant que traitement.

En 1937, la Loi de la taxe sur la marijuana imposait des taxes si élevées aux médecins prescrivant du cannabis, aux pharmaciens détaillants vendant du cannabis et à ceux qui cultivaient du cannabis à des fins médicales qu’il était en fait devenu un traitement impopulaire.

Cannabis à usage médicinal : quels avantages pour la santé ?

La marijuana médicale est disponible sous plusieurs formes différentes. Elle peut être fumée, vaporisée, administrée sous forme de gélules, tandis qu’une formule médicamenteuse peut être ajoutée à des aliments tels que des brownies, des biscuits et des barres de chocolat.

L’idée que la marijuana peut avoir des vertus thérapeutiques est maintes fois reconnue par la science. La marijuana contient 60 principes actifs appelés cannabinoïdes, dont le corps produit naturellement quelques formes pour soulager des douleurs.

Le principal cannabinoïde psychoactif de la marijuana est le THC, ou tétrahydrocannabinol. Le THC cible le récepteur CB1, un récepteur cannabinoïde présent principalement dans le cerveau, mais aussi dans le système nerveux, le foie, les reins et les poumons. Le récepteur CB1 est activé pour calmer la réponse à la douleur ou aux produits chimiques nocifs.

Un autre cannabinoïde, le CBC peut être utilisé pour soulager la douleur et l’inflammation. Selon l’Institut national de lutte contre l’abus des drogues, il pourrait également soulager les crises d’épilepsie et à traiter les maladies mentales et les dépendances. Un dérivé de la marijuana, le cannabidiol (CBD), s’est révélé bénéfique dans le traitement de l’épilepsie grave.

Quelles sont les vertus médicinales du canabis ?

L’usage médicinal du cannabis en France

Depuis 2014, la France a progressé dans la légalisation du cannabis à usage médical avec la mise en place d’un comité spécialement mis au point pour l’enquête sur le lancement du cannabis à des fins médicales en France.

En septembre 2018, l’Agence nationale de la sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) a créé le « Comité scientifique spécialisé temporaire » (CSST), qui a pour objectif d’évaluer « la pertinence et la faisabilité de la fourniture de cannabis thérapeutique en France ».

Le CSST a été créé dans le but d’évaluer, d’analyser et de réviser l’intérêt thérapeutique du cannabis, incluant donc le traitement de pathologies spécifiques et de toute réglementation nationale et internationale. À la suite de plusieurs réunions entourant la discussion des éléments clés de la CSST susmentionnés, le Comité a recommandé quatre stratégies principales pour la mise en œuvre du cannabis à des fins médicales en France :

  • la mise en place d’un régime spécial de surveillance des patients ;
  • la mise en place de réseaux de pharmacovigilance et d’addictovigilance ;
  • la promotion de la recherche en France sur l’utilisation du cannabis à des fins médicales ;
  • ainsi que l’interdiction de l’administration du cannabis en fumant.

Or, c’est pour cette dernière recommandation que les fabricants de solutions médicinales à base de cannabis ont mis au point le Sativex, une des premières versions de la vaporisation médicale du cannabis. Retrouvez de plus amples informations sur la vaporisation médicale du cannabis sur Cannavapos.

Le Comité a conclu que l’autorisation du cannabis est appropriée à des fins thérapeutiques pour les patients dans des situations cliniques spécifiques. Il a d’ailleurs suggéré l’utilisation du cannabis médical pour les maladies suivantes :

  • la douleur chronique ;
  • certaines formes d’épilepsie sévère et résistante aux autres médications ;
  • les traitements d’appoint en oncologie ;
  • les traitements palliatifs ;
  • ainsi que la sclérose en plaques.