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Il n’est pas rare, surtout pendant l’hiver, que les rongeurs s’invitent dans nos maisons sans y avoir été invités. Beaucoup d’entre nous ne réalisent cependant pas que ces nuisibles sont bien plus qu’une nuisance. Les rongeurs sont bien connus pour leurs multiples risques sur la santé humaine : les rats et les souris constituent à eux seuls le vecteur de 35 maladies qui se transmettent directement à l’homme, soit par contact direct avec leurs corps, soit par leurs piqûres. Les maladies du rat peuvent également se transmettre indirectement par le biais de puces, de tiques ou d’acariens contaminés. Tout cela est d’autant plus préoccupant que le temps se rafraîchit et que les rongeurs commencent à partir à la quête d’endroits secs, chauds et sécurisés pour passer l’hiver… Comme nos maisons.

Infestation de rongeurs : des risques à ne pas négliger

En plus de causer des dégâts importants, les morsures et les égratignures peuvent provoquer des maladies et la fièvre du rat. L’urine de rat est avant tout responsable de la propagation de la leptospirose, qui provoque souvent des lésions hépatiques et rénales. Des complications risquent d’ailleurs de se produire, entraînant avec elles l’insuffisance rénale et hépatique ainsi que des troubles cardiovasculaires. Pensez à faire dératiser en cas de doute en sollicitant un expert.

La salive et l’urine de rats peuvent aussi transmettre la chorioméningite lymphocytaire, une maladie infectieuse virale dont les effets vont de l’inconfort temporaire à la fièvre, en passant par les frissons, la sensation de malaise, l’asthénie, la myalgie lombaire, les céphalées rétro-orbitaires, la photophobie, l’anorexie, les nausées et les lipothymies.

De son côté, la peste bubonique (ou « peste noire ») est l’une des maladies les plus dangereuses dans l’histoire de l’Europe. La transmission de la maladie s’opère lorsque les puces des rats piquent un être humain. En somme, de la transmission de la peste bubonique au typhus et à l’hantavirus, les infestations de rongeurs peuvent être nocives pour l’homme. Par ailleurs, les rats constituent également un vecteur potentiel d’allergènes. Leurs excréments, squames et poils peuvent tout à fait entraîner des réactions allergiques qui peuvent être plus graves que l’éternuement.

Rat

Les maladies transmissibles par les rongeurs

Les maladies transmises par les rats appartiennent à l’une des deux catégories suivantes :

  • les maladies transmises directement par l’exposition aux excréments, à l’urine ou encore par morsures ;
  • et les maladies transmises indirectement par un vecteur arthropode intermédiaire, comme les puces, les tiques et les acariens.

Les maladies transmissibles directement par les rongeurs

  • Le syndrome pulmonaire à hantavirus : c’est la maladie virale transmise par le rat, soit par inhalation de poussières contaminées par l’urine ou les fientes du nuisible, soit par contact direct avec l’urine ou les selles, et rarement par la morsure.
  • La leptospirose est une maladie bactérienne transmise par le biais d’un contact avec de l’eau contaminée. Les sujets les plus à risque sont ceux qui travaillent dans des environnements extérieurs ou entourés d’animaux.
  • La fièvre d’Haverhill (ou fièvre par morsure de rat) se transmet par l’intermédiaire d’une morsure, d’une éraflure, ou encore par le contact avec le corps décomposé d’un rongeur.
  • La salmonelle : la consommation d’aliments ou d’eau contaminés par des excréments de rats peut être à l’origine de cette maladie.

Les maladies transmissibles indirectement par les rongeurs

  • La peste est transmise soit directement par les rats, soit transmise aux puces qui les transmettent à leur tour à l’homme.
  • La leishmaniose cutanée est un parasite transmis à l’homme par la piqûre d’un phlébotome infecté qui a contaminé un rat.

En outre, de récentes études ont suggéré que les rongeurs peuvent véhiculer certaines maladies comme le cancer du sein, celui-ci étant porté par le virus de la tumeur mammaire. Notons enfin que le risque de contacter des maladies à cause des rongeurs est particulièrement important dans les zones rurales.

Zoom sur l’hantavirus

Certaines familles de rongeurs sont connues pour être porteuses de l’hantavirus. La maladie virale se manifeste souvent par des symptômes tels que l’affaiblissement et les difficultés à respirer. La transmission de l’hantavirus s’effectue lors de l’inhalation de particules en suspension dans l’air, provenant d’excréments, d’urine ou de cadavres de rats.

Attention, les premiers symptômes du virus peuvent être confondus avec ceux de la grippe. La victime souffre alors de difficultés respiratoires qui peuvent s’avérer fatales si elles ne sont pas traitées à temps et correctement. Heureusement, il est facile d’éviter la transmission et la propagation du virus. Il suffit de retirer les excréments de souris et les corps de rats morts en contactant un service de dératisation.

Zoom sur la tularémie

La tularémie est une maladie causée par la bactérie Francisella tularensis. Lapins, lièvres et autres rongeurs sont particulièrement vulnérables à la bactérie, et meurent souvent massivement lors d’épidémies. De son côté, l’homme peut être infecté de différentes manières, notamment par les piqûres de tiques et de mouches, par le contact cutané avec des animaux infectés, par l’ingestion d’eau contaminée, et par l’inhalation de poussières ou d’aérosols contaminés.

Les lièvres sont particulièrement sensible à la tularémie

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la tularémie est largement répandue et présente dans de nombreuses régions françaises. Les symptômes de la maladie varient suivant le mode de transmission, mais toutes les manifestations sont accompagnées de fièvre allant jusqu’à 40°C. Certes, la tularémie est une maladie pouvant mettre la vie humaine en danger, mais la plupart des infections se guérissent rapidement à l’aide d’antibiotiques.

La forme la plus courante de tularémie est la maladie ulcéroglandulaire, survenant à la suite d’une morsure de tique ou de mouche. Elle se manifeste alors par un ulcère cutané, localisé sur la zone d’intrusion de la bactérie et s’accompagne d’un gonflement des ganglions lymphatiques. De son côté, la tularémie glandulaire est semblable à la tularémie ulcéroglandulaire, à différence près qu’elle ne s’accompagne pas d’ulcère. La transmission s’opère également par la piqûre d’une tique infectée ou par la manipulation d’animaux contaminés.