La maladie de Lapeyronie ( ou La Peyronie), également appelée induration plastique de la verge, est caractérisée par la formation d’une bande fibreuse dans la tunique albuginée du corps caverneux. Elle se manifeste par la déviation ou la courbure de la verge lors de l’érection. Selon l’étendue de la bande fibreuse, le processus peut gêner la pénétration ou rendre l’érection douloureuse. La maladie doit son nom au médecin français François Gigot de Lapeyronie (1678-1747), chirurgien de Louis XV, qui la décrivit en 1743. Nous nous intéresserons dans les lignes qui suivent au diagnostic, aux symptômes et au traitement de cette pathologie.

Qu’est-ce que la maladie de Lapeyronie ?

La maladie de Lapeyronie est un trouble du tissu conjonctif impliquant la croissance de plaques fibreuses dans les tissus mous de la verge. Plus précisément, des tissus cicatriciels se forment dans la tunique albuginée, la gaine épaisse de tissus entourant les corps caverneux. Elle provoque des douleurs, une courbure anormale, un dysfonctionnement érectile, une indentation et un raccourcissement.

Homme assis
La maladie de Laypeyronie touche généralement les hommes blancs. Les hommes noirs en sont rarement atteints tandis qu’aucun cas asiatique n’a encore été déclaré.

Sa prévalence est d’environ 1% chez les hommes de race blanche. Elle se produit rarement chez les hommes de race noire et aucun cas n’a été décrit chez des personnes d’origine orientale. Elle apparaît chez les hommes d’âge moyen et dans environ 10% des cas, elle est associée à la maladie de Dupuytren ou à une contracture de l’aponévrose palmaire. 75% des cas surviennent entre 45 et 60 ans, bien qu’elle puisse apparaître plus tôt ou plus tard.

Quelles sont les causes de la maladie de La Peyronie ?

La maladie de La Peyronie survient après la formation à l’intérieur des corps caverneux d’un nodule de tissu fibreux cicatriciel, ce qui réduit l’élasticité naturelle de la tunique albuginée. En d’autres termes, la maladie de La Peyronie est le résultat d’une perte d’élasticité des corps caverneux qui, en temps normal, s’élargissent et permettent une érection lorsqu’ils reçoivent du sang. 

Les médecins et les chercheurs pensent que la formation de tissu fibreux cicatriciel à l’intérieur d’un corps caverneux est consécutive à un ou plusieurs événements traumatiques préjudiciables au pénis. Ces événements traumatisants peuvent avoir eu lieu lors de rapports sexuels, d’activités sportives, d’accidents de la route ou d’accidents du travail. 

Les doutes sur la théorie traumatique de la maladie de Lapeyronie découlent du fait que certains individus développent un nodule fibreux-cicatriciel sans avoir été les protagonistes d’événements traumatisants remarquables. En d’autres termes, certains patients souffrent de la maladie de La Peyronie alors qu’ils n’ont jamais subi de traumatisme du pénis.

Quels sont les facteurs de risque de la maladie ?

Selon certaines études scientifiques et statistiques, il apparaît que la formation du nodule fibreux-cicatriciel, dans les corps caverneux, est favorisée par divers facteurs, tels que:

  • l’hérédité : la récurrence de la maladie de La Peyronie chez les membres masculins de certaines familles a amené les chercheurs à penser qu’une prédisposition génétique spécifique à la maladie était probable.
  • certaines maladies du tissu conjonctif : les personnes présentant certaines anomalies du tissu conjonctif sont plus sujettes à la maladie de La Peyronie. Par exemple, les hommes atteints de la maladie de Dupuytren développent également la maladie de La Peyronie au cours de leur vie.
  • l’âge avancé : chez les hommes âgés, le tissu conjonctif de la tunique albuginée est plus facilement sujet aux modifications et à la formation d’agglomérats de tissu cicatriciel.
  • le tabagisme : il semble que le tabagisme affecte l’apparition de la maladie de La Peyronie, mais les données scientifiques la concernant ne sont pas encore exhaustives.

Comment s’effectue le diagnostic ?

La maladie de Lapeyronie provoque des signes non équivoques. Par conséquent, un diagnostic objectif, c’est-à-dire l’observation des troubles manifestés par le patient, est généralement suffisante.

Au cours de l’examen physique, le médecin (généralement un andrologue) observe les signes signalés par le patient et collecte auprès de lui toutes les informations relatives aux symptômes ressentis. Lors du diagnostic, il examine l’organe reproducteur en état de non érection pour déterminer la position précise du nodule cicatriciel. Il mesure également la taille du pénis en érection en demandant au patient de faire de même dans les mois suivants.

L’échographie du pénis n’est pas nécessaire pour établir un diagnostic. Elle n’est prescrite que pour avoir une image claire de l’aggloméré cicatriciel et pour voir la façon dont le flux de sang qui traverse les corps caverneux, est interrompu.

Symptômes

La maladie de La Peyronie peut apparaître soudainement ou progressivement. Son apparition entraîne différents signes et symptômes : tout d’abord, il forme sur le corps du pénis une protubérance perceptible au toucher, qui n’est autre que le nodule fibreux-cicatriciel.

Frustration de couple
La maladie de Lapeyronie peut empêcher la procréation. Cette situation peut être la source d’une grande frustration pour le couple.

La maladie peut provoquer une douleur, un durcissement ou une courbure anormale du pénis lors de l’érection. Les altérations morphologiques du pénis en érection se produisent plus fréquemment. Elles se manifestent sous la forme de courbures anormales dans toutes les directions. La courbure du pénis a tendance à s’aggraver seulement dans la phase initiale de la maladie; avec le temps, le nodule se stabilise. En outre, cela peut provoquer un rétrécissement ou un raccourcissement de la longueur du pénis. 

Aux derniers stades de la maladie, il peut y avoir un dysfonctionnement érectile. Le degré d’altération dans les rapports sexuels dépend de l’intensité de l’angle d’altération morphologique et/ou de l’orientation de la courbure du pénis. Les patients présentant une légère courbure ne ressentent qu’une légère gêne, alors que ceux présentant une courbure plus prononcée peuvent avoir des rapports sexuels insatisfaisants, gênants et douloureux. Parfois, ils ne réussissent même pas à avoir de rapport sexuel.

Des troubles psychologiques comme la dépression et l’anxiété peuvent également survenir. Ils sont liés à la gêne causée par des modifications morphologiques du pénis, à la frustration de ne pas pouvoir avoir des relations sexuelles satisfaisantes et éventuellement à la difficulté d’avoir des enfants.

La douleur ressentie au cours des premiers stades de la maladie disparaît généralement au bout de douze à dix-huit mois.

Comment se fait le traitement de cette maladie ?

Le traitement de la maladie de La Peyronie peut être médicamenteux ou chirurgical.

Traitement médicamenteux

Un traitement médicamenteux est indiqué dans les phases initiales de la maladie car une fois que la plaque fibreuse s’est stabilisée, le patient n’en tire aucun bénéfice. Des études suggèrent de l’instaurer chez les patients dont la maladie a duré moins d’un an et chez ceux qui ne présentent pas de difformité pénienne suffisamment grave pour entraîner une altération de la fonction sexuelle. Le traitement médical peut être administré par voie orale ou par injection

De nombreuses substances orales sont utilisées pour le traitement du syndrome de Lapeyronie à ses débuts. Ce sont :

  • la pentoxifylline : elle est utilisée chez les patients présentant une courbure pénienne allant de modérée à sévère. Certaines études ont même montré que l’administration de ce médicament pendant plusieurs mois pouvait diminuer la taille de la plaque calcifiée.
  • le paraminobenzoate de potassium (POTABA): il semble que l’administration de cette substance diminue légèrement la courbure du pénis et la taille de la plaque fibreuse. 
  • la colchicine : elle inhibe la synthèse du collagène, prévenant ainsi la fibrose des structures péniennes. Il semble que cette substance soit plus efficace si elle est co-administrée avec de la vitamine E. 

Le traitement par injection est sûr et bien toléré par les patients. Les substances utilisées comprennent : 

  • le verapamil : habituellement utilisé pour le traitement de l’hypertension, ce médicament interrompt la production du collagène, qui joue un rôle déterminant dans la formation du tissu cicatriciel.
  • l’Interféron alfa 2B : Selon certaines études pharmacologiques, il apparaît que cette protéine est capable de bloquer la production de tissu fibreux-cicatriciel, évitant ainsi une aggravation de la courbure du pénis.
  • la collagénase : extraite de Clostridium histolyticum, cette enzyme décompose le collagène en petits morceaux. La collagénase améliore la courbure du pénis et réduit la taille du nodule cicatriciel.

Habituellement, avant d’injecter ces médicaments, une anesthésie locale est pratiquée. La durée du traitement est variable et dépend des résultats obtenus.

Traitement de la maladie de Lapeyronie
Le traitement de la maladie de Lapeyronie peut aller jusqu’à la chirurgie si les différentes injections ne donnent pas les résultats escomptés.

Traitement chirurgical

Il est réservé aux patients chez qui la difformité pénienne compromet la fonction sexuelle, ou à ceux chez qui les symptômes persistent pendant plus d’un an malgré le traitement médical. Avant de réaliser une intervention chirurgicale chez un patient atteint de la maladie de Lapeyronie, il est essentiel de vérifier que la maladie s’est stabilisée et que la fonction érectile est intacte.

Pour redresser le pénis, le chirurgien retire une petite portion de tissu sain du côté opposé au nodule fibreux-cicatriciel. Cette opération, connue sous l’appellation de procédure de Nesbit, présente deux inconvénients: elle raccourcit la longueur de l’organe reproducteur masculin et augmente le risque de dysfonction érectile.

Le chirurgien peut aussi retirer une partie du tissu anormal et la remplacer par une greffe de peau. Le tissu cutané utilisé pour la transplantation peut être d’origine humaine, animale ou synthétique.  Étant donné que le risque de compromettre la fonction érectile est élevé, la triple opération Ad’incision-excision-greffe n’est effectuée que dans le cas d’une courbure très prononcée du pénis.

La gaine de pénis pour améliorer la courbure de votre sexe 

Avant d’envisager un traitement médicamenteux ou chirurgical, vous pouvez envisager de passer par un système qui se met directement sur votre verge : la gaine de pénis. En effet, avec l’utilisation d’une gaine pour penis, cela peut vous permettre de redresser votre verge, si la maladie de Lapeyronie n’est pas trop prononcée. 

Il en existe de deux types : Les gaines dites ouvertes qui vont vous permettre d’augmenter la circonférence de votre pénis et les gaines fermées qui sont en plus équipées d’un gland en silicone, vous permettant dans le même temps d’augmenter la longueur de votre pénis. 

Quelle que soit la gaine pour laquelle vous allez opter, vous aurez le choix entre plusieurs options, pour augmenter vos sensations et celle de votre partenaire, à savoir :

  • leurs formes
  • leurs matières (gel ou silicone)
  • leurs textures extérieures (lisse ou structurée)
  • leur fonctionnalité (avec ou sans vibration) 

Si vous vous posez la question de sa mise en place, c’est extrêmement simple, vous n’aurez qu’à mettre quelques gouttes de lubrifiant. Attention toutefois à ne pas exagérer, sans quoi la gaine pourrait légèrement glisser pendant le rapport sexuel. Une fois l’acte terminé, vous n’aurez qu’à le nettoyer avec de l’eau et du savon.