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Le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) est une maladie chronique potentiellement mortelle qui est causée par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). En endommageant le système immunitaire, le VIH interfère avec la capacité du corps à combattre les organismes qui causent la maladie. Le VIH/SIDA fait l’objet d’intenses recherches depuis sa découverte en 1983 par le professeur Luc Montagnier. Mais, où en est la recherche en ce qui concerne le vaccin contre le sida et le traitement contre le VIH ?

Quel est le point des recherches ?

Un traitement curatif contre le VIH n’a pas encore été découvert. Cependant, il y a de l’espoir que les avancées conduiront à un moyen de contrôler ou d’éradiquer le virus sans qu’il soit nécessaire de poursuivre un traitement à vie.

Recherches médicales
En matière de traitement contre le VIH, la recherche avance doucement avec des tentatives prometteuses.

Des découvertes importantes sur le système immunitaire ont été faites sur le chemin d’un traitement avec des tentatives très prometteuses pour créer un vaccin, ainsi que des anticorps ou une thérapie génique efficace.

Il existe de nombreuses contraintes logistiques et des problèmes de coûts liés à la fourniture de soins tout au long de la vie aux personnes vivant avec le VIH. La poursuite des recherches visant à trouver un traitement qui contrôle le virus en l’absence de traitement antirétroviral (TAR) reste une étape importante pour mettre fin à l’épidémie.

La recherche sur un traitement définitif en est encore à un stade précoce mais prometteur, et les scientifiques travaillent sur deux grandes thématiques : un traitement fonctionnel et un traitement curatif stérilisant.

Pourquoi la recherche tarde-t-elle à produire un traitement curatif ?

En raison de la nature et de la structure complexes du VIH, il est difficile de localiser et de déterminer la quantité de virus dans le corps.

Le VIH échappe au système immunitaire en restant dormant dans des lymphocytes T infectés jusqu’à ce qu’ils soient activés. Cet état est appelé infection latente. Certaines de ces cellules peuvent vivre pendant des décennies sans être activées. Elles portent le nom de « réservoir de VIH ». Détecter et éliminer ces cellules sont les plus grands défis de la recherche sur un traitement.

Les principaux réservoirs se trouvent dans :

  • le thymus,
  • la rate,
  • les ganglions lymphatiques de l’intestin, du cou, des bras et de l’aine.

On peut également trouver des cellules T infectées par le VIH dans la moelle osseuse et le cerveau. D’autres sites tels que les poumons et les voies génitales sont également des réservoirs importants de cellules infectées de manière latente.

Les tests suffisamment sensibles pour identifier avec précision la présence du virus sont limités et les outils pouvant révéler la véritable échelle et la profondeur de ces réservoirs sont encore inconnus. Ceci, bien sûr, limite les avancées de la recherche sur les traitements. Sans la capacité de surveiller suffisamment l’évolution du virus, il serait impossible de vérifier si les stratégies curatives ont un impact durable.

Les avancées de la recherche en matière de traitement fonctionnel

Les progrès en vue de la «guérison fonctionnelle» ne visent pas l’élimination du VIH de l’organisme, mais plutôt la réduction du virus à un niveau indétectable. Le patient n’a plus besoin de prendre des médicaments liés au VIH. Il n’y a plus aucun risque que la maladie progresse vers le sida et le patient ne peut plus transmettre le virus.

Le traitement antirétroviral précoce (TAR), qui est instauré peu de temps après la primo-infection, ne guérit certes pas le VIH, mais cette stratégie a permis à certaines personnes d’obtenir une rémission temporaire à long terme.

Dans une étude menée en 2012, 14 Français vivant avec le VIH ont commencé à prendre un traitement antirétroviral dans les 10 semaines suivant l’infection. Après trois ans de traitement, ce groupe, connu sous le nom de « cohorte de Visconti », a cessé de prendre ce traitement. Cela aurait normalement eu pour effet de faire réapparaître le VIH, mais de manière remarquable, ils ont maintenu de faibles niveaux de VIH dans leur système pendant sept ans en moyenne avant la réapparition du virus.

Une étude de 2018 sur le contrôle du VIH après une pause de médication antirétrovirale a donné des résultats similaires.

Petits enfants
Il a été rapporté quelques cas de guérisons fonctionnelles de bébés contaminés à la naissance par le VIH.

Qu’en est-il des bébés nés avec la maladie ?

Les avantages potentiels d’un traitement précoce ont également été observés chez deux nouveau-nés. En mars 2014, il a été signalé qu’un bébé de neuf mois né en Californie avec le VIH pourrait avoir été guéri fonctionnellement à la suite d’un traitement administré par des médecins quatre heures seulement après la naissance.

De même, en mars 2013, des chercheurs ont annoncé qu’un bébé du Mississippi né avec le VIH et ayant reçu de fortes doses de trois médicaments antirétroviraux (ARV) peu de temps après l’accouchement semblait encore guéri fonctionnellement au bout de deux ans.

Plus récemment, en juillet 2015, des chercheurs ont annoncé qu’un adolescent français infecté par le VIH à la naissance était toujours en bonne santé 12 ans après sa dernière prise de TAR. Cependant, on ne sait pas encore pourquoi elle s’en est mieux tirée que la cohorte de Visconti ou le bébé du Mississippi.

Les chercheurs de ces études ne sont toujours pas en mesure de déterminer s’il s’agissait du traitement, des gènes du patient ou simplement du hasard. Les hypothèses incluent le fait que le traitement précoce limite la construction de réservoirs viraux et, en particulier, de cellules à longue durée de vie dans les réservoirs. Cet état de fait préserve la réponse immunitaire plus longtemps sans traitement et prévient le développement d’une infection chronique.

Où en est la recherche sur un traitement curatif ?

Contrairement à une cure fonctionnelle, un traitement curatif espère éradiquer le VIH du corps en éliminant de manière mesurable les cellules des réservoirs latents.

Timothy Brown, également connu sous le nom de «patient de Berlin» est l’un des rares cas documenté de personnes vivant avec le VIH à avoir été guéries avec succès. En combinant la chimiothérapie pour détruire la plupart des cellules immunitaires infectées par le VIH et deux greffes de moelle osseuse pour traiter la leucémie, le traitement semblait également avoir éliminé toutes les traces de VIH dans le corps de Brown.

En sélectionnant un donneur de cellules souches, les médecins de Brown ont délibérément recherché une personne présentant une mutation génétique rare de résistance au VIH. Brown a continué à recevoir un traitement immunosuppresseur pour empêcher le rejet de ces nouvelles cellules souches pendant 38 mois. Après quoi ses tests de charge virale ont confirmé que ce traitement avait permis un «traitement curatif» réussi.

La procédure est considérée comme très dangereuse et est irréalisable pour les autres personnes vivant avec le VIH. Plusieurs tentatives visant à répéter cette «guérison» chez les personnes séropositives ayant reçu une greffe de moelle osseuse ont échoué, et bon nombre des traitements actuellement à l’étude sont potentiellement toxiques ou risqués.

En février 2019, un article publié dans la revue scientifique Nature a fait état de la guérison d’un second patient porteur du VIH-1. Ce patient avait également reçu une greffe de moelle osseuse d’un donneur porteur d’un gène de résistance au VIH.

VIH
Après 3 décennies de recherches, la mise au point d’un vaccin contre le VIH reste encore difficile.

Où en est la recherche sur le vaccin contre le sida ?

Un vaccin contre le VIH est un remède qui serait administré à une personne non séropositive afin de la protéger contre des expositions ultérieures au VIH, réduisant ainsi le risque d’infection par le VIH. Il n’existe actuellement aucun vaccin efficace contre le VIH. Différents vaccins contre le VIH ont fait l’objet d’essais cliniques depuis la découverte du virus.

Seul un vaccin pourrait faire cesser la pandémie. Un vaccin a comme avantages :

  • un faible coût ;
  • un accès facile pour les pays en développement ;
  • l’inutilité d’un traitement quotidien.

Cependant, après plus de 3 décennies de recherche, le vaccin contre le sida reste une cible difficile.

En 2003, un essai clinique en Thaïlande a testé un vaccin anti-VIH appelé RV 144. En 2009, les chercheurs ont indiqué que ce vaccin avait montré une certaine efficacité pour protéger les receveurs de l’infection par le VIH (efficacité de 31%). Les résultats de cet essai fournissent la première preuve à l’appui de l’efficacité d’un vaccin permettant de réduire le risque de contracter le VIH. D’autres essais de vaccins se poursuivent dans le monde, notamment un vaccin utilisant comme vecteur un adénovirus ainsi qu’une nouvelle formulation de RV144.

L’idéal serait peut-être un vaccin thérapeutique. Contrairement à un vaccin conçu pour prévenir l’infection par le VIH, un vaccin thérapeutique serait administré aux personnes déjà infectées par le virus. Un tel vaccin stimulerait le système immunitaire pour l’aider à contrôler toute apparition future du VIH et à mettre ainsi fin à la nécessité d’un traitement supplémentaire. Une telle approche pourrait conduire à une rémission virale prolongée, c’est-à-dire à un traitement ou à une vaccination qui entraînerait des taux indétectables prolongés de VIH sans traitement antirétroviral régulier.

La présence de rares personnes vivant avec le VIH et capables de contrôler le virus de manière naturelle, soit au moment de l’infection, soit après l’arrêt du traitement antirétroviral, est la preuve qu’un vaccin thérapeutique pourrait en théorie altérer le système immunitaire pour permettre un contrôle à long terme du VIH. Néanmoins, les tentatives visant à créer des vaccins thérapeutiques efficaces contre le sida ont jusqu’à présent été infructueuses.

Pour contribuer à l’amélioration des résultats, les chercheurs s’emploient à faire progresser les connaissances scientifiques sous-jacentes, en particulier à mieux comprendre les réponses immunitaires qui suppriment durablement le VIH.

Sources :

  • https://www.avert.org/professionals/hiv-science/searching-cure
  • https://www.avac.org/prevention-option/hiv-vaccine
  • https://aidsinfo.nih.gov/news/70/hiv-aids-vaccines
  • http://www.aidsmap.com/HIV-update-20th-February-2019/page/3459825/
  • https://www.webmd.com/hiv-aids/hiv-vaccines-where-are-we-now#1
  • https://www.niaid.nih.gov/diseases-conditions/future-hiv-treatment
  • http://www.hiv1tat-vaccines.info/
  • https://aidsinfo.nih.gov/news/70/hiv-aids-vaccines
  • https://blogs.biomedcentral.com/on-medicine/2018/12/03/canadian-scientists-developing-new-hiv-vaccine/
  • https://www.reuters.com/article/us-health-aids-cure-analysis/worlds-second-man-cleared-of-aids-virus-invigorates-quest-for-cure-idUSKCN1QN1TK
  • https://www.healthline.com/health-news/latest-hiv-vaccine-candidate-is-best-yet
  • https://www.sciencedaily.com/news/health_medicine/hiv_and_aids/