La maladie de Basedow est une affection auto-immune d’origine génétique. Elle se caractérise par la production d’anticorps dirigés contre la thyroïde, ce qui entraîne une surproduction d’hormones thyroïdiennes. La glande augmente de volume et le taux d’hormones thyroïdiennes dans l’organisme s’élève : on parle alors d’hyperthyroïdie.

Cette maladie doit son nom au médecin allemand Karl von Basedow. Elle se distingue d’autres formes d’hyperthyroïdie par une alternance de poussées et de rémissions, dont la durée et la survenue sont imprévisibles. Elle touche plus souvent les femmes que les hommes et associe des signes généraux d’hyperthyroïdie à des manifestations plus spécifiques, notamment au niveau du cou et des yeux.

Maladie de Basedow : de quoi parle-t-on exactement ?

Dans la maladie de Basedow, le système immunitaire produit des anticorps qui stimulent la thyroïde. Cette stimulation excessive pousse la glande à fabriquer trop d’hormones thyroïdiennes. Le corps fonctionne alors comme en accéléré : le cœur bat plus vite, le poids peut chuter malgré un appétit conservé, la chaleur devient difficile à supporter et le sommeil se dérègle.

La maladie peut aussi provoquer un goitre, c’est-à-dire une augmentation du volume de la thyroïde visible ou palpable au niveau du cou. Chez certains patients, elle s’accompagne d’une atteinte des yeux appelée ophtalmopathie basedowienne, avec une exophtalmie, des paupières gonflées, des larmoiements ou une irritation oculaire. En cas de gêne visuelle, vous pouvez aussi consulter notre dossier consacré à la vision trouble comme symptôme.

Comment effectue-t-on le diagnostic de la maladie de Basedow ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique, puis sur des analyses biologiques. Lorsque les signes ne sont pas assez nets, des examens complémentaires peuvent aider à préciser l’origine de l’hyperthyroïdie et à différencier la maladie de Basedow d’autres troubles thyroïdiens.

Examen médical et imagerie utilisés pour préciser le diagnostic de la maladie de Basedow
Si les examens cliniques ne sont pas probants, le diagnostic de la maladie de Basedow peut nécessiter le recours à l’imagerie médicale.

Examens cliniques

L’interrogatoire et l’examen clinique apportent les premiers éléments. Le médecin recherche les signes d’hyperthyroïdie, observe le cou et examine la glande thyroïdienne. Un goitre peut parfois être visible à l’œil nu. À la palpation, il est possible de détecter une augmentation du volume de la thyroïde, avec ou sans nodules.

Le diagnostic devient plus évocateur lorsque plusieurs signes sont associés : hyperthyroïdie, exophtalmie d’un seul côté ou des deux côtés, et goitre diffus. Dans ce contexte, le tableau clinique peut déjà fortement orienter vers la maladie de Basedow.

Examens de biologie

Le diagnostic biologique se fait par prise de sang. Les analyses visent à doser les hormones thyroïdiennes et à rechercher des anticorps. Elles sont particulièrement utiles lorsque l’hyperthyroïdie est suspectée chez la femme enceinte ou lorsque son origine n’est pas clairement définie.

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Le dosage sanguin des hormones thyroïdiennes

La prise de sang permet d’analyser le taux de TSH, aussi appelée thyréostimuline, ainsi que les hormones T3, ou triiodothyronine, et T4, ou thyroxine. Ces hormones thyroïdiennes sont sous le contrôle d’une hormone sécrétée par l’hypophyse, située dans le cerveau : la thyréostimuline hypophysaire.

En cas d’hyperthyroïdie, le taux de TSH est fortement diminué ou anormalement bas, tandis que les taux de T3 et T4 sont anormalement élevés. Le diagnostic de maladie de Basedow est ensuite confirmé lorsque la mesure des hormones thyroïdiennes met en évidence des taux sanguins de T3 et T4 particulièrement élevés.

La détection d’anticorps

La maladie de Basedow est une pathologie auto-immune. Elle est provoquée par un anticorps anti-récepteur à la TSH, appelé TRAK. Cet anticorps anti-récepteurs à la thyréostimuline stimule indirectement une forte production d’hormones thyroïdiennes. Sa recherche aide donc à identifier la cause de l’hyperthyroïdie et à dépister la maladie de Basedow.

Les examens complémentaires

Selon l’aspect clinique, ou en l’absence de signes typiques comme le goitre ou l’exophtalmie, le médecin peut demander une scintigraphie thyroïdienne ou une échographie.

La scintigraphie est envisagée pour rechercher la cause de la maladie de Basedow lorsque les manifestations cliniques sont absentes. Elle contribue au diagnostic. L’échographie, de son côté, aide à rechercher l’origine de l’hyperthyroïdie et à différencier la maladie de Basedow d’autres formes d’hyperthyroïdie.

Comme pour d’autres maladies dont les symptômes peuvent être variés, le diagnostic repose sur la mise en cohérence des signes cliniques et des examens. C’est aussi le cas dans d’autres dossiers médicaux comme la maladie de Horton ou la maladie de Fabry, où l’interrogatoire, l’examen et les analyses orientent la prise en charge.

Quels sont les symptômes de la maladie de Basedow ?

La maladie de Basedow évolue par poussées et rémissions de durée imprévisible. Elle associe des signes d’hyperthyroïdie à des symptômes plus caractéristiques, comme le goitre et l’atteinte oculaire.

Goitre visible au niveau du cou pouvant accompagner la maladie de Basedow
Le goitre est un signe spécifique d’hyperthyroïdie, et de la maladie Basedow.

Les signes d’hyperthyroïdie

La maladie de Basedow est une forme courante d’hyperthyroïdie. L’excès d’hormones thyroïdiennes provoque un ensemble de troubles dont l’intensité varie selon la sévérité de la maladie.

Les signes généraux

Un amaigrissement rapide et important peut survenir, avec une perte de poids de plusieurs kilogrammes en quelques semaines. Cet amaigrissement s’accompagne souvent d’une polyphagie : la faim est excessive, la sensation de satiété manque, et l’appétit reste conservé malgré la perte de poids.

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Le patient peut aussi ressentir une fatigue et une faiblesse musculaire. D’autres troubles généraux sont fréquents : intolérance à la chaleur, transpiration excessive, aménorrhée chez la femme, asthénie sexuelle ou impuissance chez l’homme.

Les signes cardio-vasculaires

Le système cardio-vasculaire est souvent touché. La fréquence cardiaque augmente et le pouls peut fréquemment dépasser cent battements par minute au repos. Une élévation de la tension artérielle peut aussi apparaître.

L’éréthisme cardio-vasculaire se manifeste par des palpitations et des souffles artériels diffus. Ces signes traduisent l’effet stimulant de l’excès d’hormones thyroïdiennes sur l’organisme.

Les signes digestifs

Au niveau digestif, le transit intestinal peut s’accélérer. Des troubles comme la diarrhée, les nausées ou les vomissements peuvent accompagner la maladie.

Les signes neuropsychiques

L’hyperthyroïdie stimule le système nerveux. Le patient peut devenir hyperactif, agité, irritable ou nerveux. Des tremblements fins et réguliers des extrémités peuvent apparaître.

Les signes neuropsychiques incluent aussi des sautes d’humeur, de l’anxiété, une dépression, une insomnie ou des difficultés d’endormissement.

Les signes spécifiques de la maladie de Basedow

Certains symptômes orientent plus précisément vers la maladie de Basedow. Les plus caractéristiques sont le goitre et les signes oculaires liés à l’ophtalmopathie thyroïdienne.

Le goitre

Le goitre correspond à une augmentation du volume de toute la thyroïde. Dans la maladie de Basedow, il est décrit comme homogène, palpable et parfois visible au niveau du cou, avec un gonflement de la région antérieure.

Les signes oculaires

La maladie de Basedow peut affecter les yeux et provoquer une ophtalmopathie basedowienne. Sa manifestation principale est l’exophtalmie, caractérisée par des yeux gonflés qui semblent sortir de leur orbite.

L’exophtalmie est souvent bilatérale, c’est-à-dire qu’elle touche les deux yeux. Elle peut s’accompagner d’un gonflement des paupières, de larmoiements, d’une sensibilité accrue à la lumière, d’une irritation des paupières ou des conjonctives. Le patient peut ressentir des brûlures oculaires, des douleurs, des paralysies oculaires ou présenter des yeux rouges.

Tableau récapitulatif des principaux signes

Type de signe Manifestations décrites Ce que cela évoque
Généraux Perte de poids, faim excessive, fatigue, faiblesse musculaire, intolérance à la chaleur, transpiration Effet global de l’hyperthyroïdie sur l’organisme
Cardio-vasculaires Pouls rapide, palpitations, tension artérielle élevée, souffles artériels diffus Stimulation du système cardio-vasculaire
Digestifs Transit accéléré, diarrhée, nausées, vomissements Accélération de certaines fonctions digestives
Neuropsychiques Agitation, nervosité, tremblements, anxiété, insomnie, sautes d’humeur Stimulation du système nerveux
Spécifiques Goitre, exophtalmie, paupières gonflées, larmoiements, yeux rouges ou irrités Signes évocateurs de la maladie de Basedow
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Maladie de Basedow : quels sont les traitements appropriés ?

Plusieurs traitements peuvent être proposés dans la prise en charge de la maladie de Basedow. Leur objectif varie selon la situation : freiner la production d’hormones thyroïdiennes, détruire des cellules thyroïdiennes par iode radioactif ou retirer chirurgicalement la thyroïde.

Le traitement médicamenteux

Le traitement médicamenteux est un traitement conservateur. Il consiste à administrer des antithyroïdiens de synthèse pendant une longue durée afin de soulager le patient, de conserver la thyroïde et de réguler le fonctionnement de cette glande endocrine.

Ces médicaments visent à contrecarrer la surproduction d’hormones thyroïdiennes. Lorsque l’inflammation oculaire est aiguë en cas d’exophtalmie basedowienne, des corticoïdes peuvent être administrés.

Le traitement par iode radioactif

En cas de récidive ou lorsque le traitement médicamenteux paraît inefficace, l’irradiation de la glande thyroïde peut être envisagée. Elle repose sur l’administration d’iode radioactif, qui permet d’irradier la thyroïde et de ralentir la production d’hormones.

Ce traitement induit une destruction des cellules thyroïdiennes. Il est préconisé en cas de récidive, lorsque la chirurgie est contre-indiquée et en cas d’échec du traitement médicamenteux.

Intervention chirurgicale de thyroïdectomie pour retirer la glande thyroïde
Parfois, la thyroïdectomie qui consiste à enlever la glande thyroïde, permet de traiter efficacement la maladie de Basedow.

Le traitement chirurgical

Lorsque le traitement conservateur et le traitement par iode radioactif ne donnent pas les résultats attendus, la chirurgie peut devenir une option thérapeutique. Elle consiste en une ablation chirurgicale de la thyroïde, appelée thyroïdectomie.

FAQ sur la maladie de Basedow

La maladie de Basedow est-elle une forme d’hyperthyroïdie ?

Oui. Elle entraîne une surproduction d’hormones thyroïdiennes et se manifeste donc par des signes d’hyperthyroïdie, comme la perte de poids, les palpitations, la transpiration excessive ou l’intolérance à la chaleur.

Quels signes font penser à la maladie de Basedow ?

L’association d’un goitre, de signes d’hyperthyroïdie et d’une exophtalmie est très évocatrice. Les symptômes peuvent aussi inclure fatigue, tremblements, nervosité, diarrhée, troubles du sommeil et atteinte oculaire.

Comment confirme-t-on le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur l’examen clinique, une prise de sang dosant la TSH, la T3 et la T4, ainsi que la recherche d’anticorps anti-récepteurs à la TSH, appelés TRAK. Une scintigraphie ou une échographie peut compléter le bilan.

Quels traitements existent ?

Les traitements décrits sont les antithyroïdiens de synthèse, l’iode radioactif et la chirurgie par thyroïdectomie. Des corticoïdes peuvent être utilisés en cas d’inflammation oculaire aiguë liée à l’exophtalmie basedowienne.