La Sécurité sociale va-t-elle finalement en finir avec son déficit ? C’est ce qu’espère en tout cas le gouvernement avec son projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présentée en septembre 2017. Pour la première fois depuis 18 ans, le budget de l’institution serait en excédant grâce à un véritable coup de rabot sur certains volets financiers du régime général. Certes, le déficit de la Sécu n’est pas près de se combler, mais disons que le projet de loi PLFSS pour 2019 nous incite à espérer la fin proche des déficits.

Les prévisions de déficit pour 2018 revues à la baisse

La Commission des comptes de la Sécurité sociale a rendu publiques ses prévisions : elle tablerait sur la réduction du déficit en 2018, jusqu’à 400 millions d’euros, un chiffre qui est largement inférieur aux prévisions du gouvernement (2,2 milliards de déficit, selon le projet de loi PLFSS pour 2017). Certes, la nette réduction des prévisions de la Commission des comptes a sans doute résulté du ralentissement de la croissance et de l’emploi, mais tout cela nous permet malgré tout de nous rassurer que le PLFSS 2019 a été conçu entre de bonnes mains.

Les pistes pour réduire le déficit

Pour encourager la bonne marche du PLFSS, le gouvernement a demandé un effort important au régime général en limitant certaines dépenses de santé, relatives aux médicaments, aux forfaits hospitaliers, mais aussi les frais de fonctionnement des administrations de la Sécurité sociale.

Les médicaments

Une grande partie des économies prévues, estimée à 1,5 milliard d’euros, est à rechercher dans les médicaments dont la consommation et les prix seront nettement réduits. En outre, le débat sur la pertinence du remboursement des traitements homéopathiques (voir nos articles sur Nux Vomica ou Api Mellifica) vient d’être relancé, sachant que les scientifiques sont toujours en train de se demander si ces médicaments sont utiles ou nocifs.

Les forfaits hospitaliers

Les hôpitaux ne seront pas non plus épargnés par la mesure du PLFSS. En effet, le gouvernement prévoit la restructuration totale de l’offre de soins pour permettre d’épargner jusqu’à 1,46 milliard d’euros. Par ailleurs, les forfaits hospitaliers passeront de 18 à 20 euros pour augmenter les recettes des établissements de santé. Cette hausse des prix, évaluée au total à 200 millions d’euros, n’est pas accueillie favorablement par les mutuelles qui cherchent, au contraire, à réduire les frais de séjour.

Concernant les arrêts de travail et les congés maladie, les conditions d’octroi de ces privilèges seront d’autant plus strictes que les salariés d’entreprises doivent toujours demander un certificat médical pour justifier leur absence. D’après les experts de l’arrêt de travail et des dépenses hospitalières d’entreprises, les employeurs peuvent procéder à une contre visite médicale comme le propose la société Verilor.

Le prix du tabac

La branche maladie de la Sécu sociale devra aussi revoir à la hausse le prix du tabac afin d’augmenter les recettes des marchandises. On estime que le coût d’un paquet atteindra 10 euros d’ici fin 2020.

Prix du tabac

Les frais de fonctionnement de la Sécurité sociale

Le gouvernement demande aussi des efforts aux administrations de la Sécurité sociale afin de réduire leur budget de fonctionnement. Il tablerait sur une réduction de 15% des frais de fonctionnement sur une période de 4 ans.

Les pensions de retraite épargnées

Parmi les branches épargnées par la mesure du PLFSS figurent les pensions de retraite. Par contre, la revalorisation des pensions a été reportée en janvier 2019. En outre, le gouvernement a aussi projeté de supprimer le régime social des indépendants pour le transférer vers le régime général.