Une douleur au talon peut faire penser à une épine calcanéenne, aussi appelée épine de Lenoir. Il s’agit d’une excroissance osseuse qui se forme entre l’os du talon et la voûte plantaire. Elle apparaît le plus souvent à l’avant du talon, puis peut concerner d’autres zones du pied.

Ces excroissances mesurent environ un quart de pouce et ne sont pas forcément visibles à l’œil nu. Le diagnostic peut donc être difficile sans examen. En cas de doute, une radiographie aux rayons X peut confirmer la présence d’une épine calcanéenne. À retenir aussi : ces dépôts calcaires ne provoquent pas toujours de douleur, et toutes les douleurs au talon ne sont pas dues à une épine calcanéenne.

Qu’est-ce qu’une épine calcanéenne ?

Une épine calcanéenne, ou éperon calcanéen, est une excroissance osseuse située au niveau de la tubérosité calcanéenne, c’est-à-dire l’os du talon. Elle est généralement détectée par un examen radiographique. C’est une forme d’exostose.

Quand le pied subit un stress répété, des dépôts de calcium peuvent s’accumuler sous l’os du talon. Dans de nombreux cas, cela n’a aucun effet dans la vie quotidienne. Mais lorsque les contraintes se répètent, ces dépôts peuvent former une excroissance en forme d’éperon.

On distingue principalement deux localisations. L’éperon calcanéen inférieur se situe sous le calcanéum et correspond souvent à une réponse à une fasciite plantaire installée dans le temps. Il peut aussi être associé à une spondylarthrite ankylosante, généralement chez l’enfant. L’épine calcanéenne postérieure, elle, se développe à l’arrière du talon, au niveau de l’insertion du tendon d’Achille.

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Quels sont les symptômes d’une épine calcanéenne ?

Les symptômes peuvent inclure une douleur, une inflammation et un gonflement à l’avant du talon. La zone concernée peut aussi être chaude au toucher. La gêne peut s’étendre vers la voûte plantaire et, dans certains cas, une petite protrusion osseuse finit par devenir visible.

La douleur est souvent plus nette le matin ou après une période de repos. Les premiers pas sont généralement les plus difficiles, puis la douleur peut s’améliorer avec l’activité. À la palpation, certaines personnes sentent une masse osseuse dans la zone douloureuse.

Certaines épines de talon ne provoquent aucun symptôme. Environ 50% des personnes atteintes d’éperons au talon ressentent une douleur. Il est aussi possible de ne voir aucun changement au niveau des tissus mous ou des os autour du talon. Les éperons sont alors parfois découverts par hasard, lors d’une radiographie ou d’examens réalisés pour une autre affection du pied.

Il est difficile de diagnostiquer soi-même une épine calcanéenne, car ses symptômes ressemblent à ceux d’autres douleurs du talon et problèmes du pied. Un chirurgien orthopédique ou un podologue peut poser un diagnostic correct, notamment grâce à une radiographie.

Épine calcanéenne ou fasciite plantaire : quelle différence ?

L’épine de Lenoir et la fasciite plantaire sont deux problèmes différents, mais ils sont étroitement liés. L’épine calcanéenne est une saillie osseuse qui se forme depuis le bas du talon le long du fascia plantaire. Sa taille varie, mais elle ne dépasse généralement pas un demi-pouce. Elle peut être totalement indolore.

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La fasciite plantaire, elle, est une affection douloureuse. Elle correspond à un processus inflammatoire au niveau de l’attache du fascia plantaire sur le talon. Elle est due à une tension anormale sur le pied, favorisée notamment par le poids excessif, la surutilisation ou le port de chaussures sans arceau.

Affection Ce qui se passe Douleur Évolution habituelle
Épine calcanéenne Excroissance osseuse sous ou derrière le talon Possible, mais pas systématique Elle reste présente sauf intervention chirurgicale
Fasciite plantaire Inflammation à l’attache du fascia plantaire Souvent douloureuse, surtout aux premiers pas Elle disparaît généralement avec le temps, quel que soit le traitement

La chirurgie est rarement nécessaire pour une épine de Lenoir, même si l’excroissance reste présente. Le traitement vise surtout à réduire l’inflammation, corriger les contraintes mécaniques et soulager la douleur.

Qu’est-ce qui cause les épines calcanéennes ?

Les éperons du talon sont directement liés à des tensions musculaires et ligamentaires répétées sur le long terme. À force, ces contraintes étirent les tissus mous du talon et favorisent la formation de dépôts calcaires.

Ces excroissances ne se développent pas soudainement après une séance d’entraînement ou un événement sportif. Elles apparaissent progressivement, souvent lorsque les premiers signaux comme la douleur au talon sont ignorés.

Le stress répétitif lié à la marche, à la course ou aux sauts sur des surfaces dures est une cause fréquente. Les chaussures qui ne soutiennent pas correctement le pied peuvent aussi favoriser ces dépôts calcaires.

Les épines calcanéennes peuvent également être causées par :

  • l’arthrite ;
  • l’ecchymose du talon ;
  • l’excès de poids ;
  • les chaussures mal ajustées ;
  • les problèmes de démarche ;
  • le port prolongé de tongs ;
  • le port de chaussures usées.

Plus de la moitié des cas d’épines calcanéennes surviennent chez des personnes atteintes de fasciite plantaire. Cette affection concerne le tissu fibreux et dur qui relie le talon aux orteils. Avoir une fasciite plantaire augmente donc le risque de développer une épine calcanéenne.

Quels sont les facteurs de risque ?

Le risque augmente chez les personnes qui pratiquent des sports imposant de fortes contraintes à l’os du talon et aux tissus autour. La course à pied, la danse classique et l’aérobic sont particulièrement concernées. Le risque est encore plus élevé lorsque les muscles du mollet sont serrés ou lorsqu’une entorse limite les mouvements de la cheville.

Le surpoids augmente la tension sur le fascia plantaire. Pendant la grossesse, la prise de poids et le gonflement peuvent aussi assouplir davantage les ligaments, ce qui peut provoquer des problèmes mécaniques et une inflammation.

Un travail qui impose de marcher longtemps ou de rester debout sur des surfaces dures peut également accroître le risque. C’est notamment le cas des ouvriers d’usine, des enseignants et des serveuses.

Les pieds plats et les arches plantaires élevées exposent aussi à cette affection. Les modifications de la voûte plantaire changent la capacité d’absorption des chocs et peuvent étirer ou tendre le fascia plantaire. Avec l’âge, la voûte plantaire peut commencer à s’affaisser, ce qui ajoute une pression sur le fascia plantaire.

Le port régulier de chaussures qui soutiennent faiblement le talon fait partie des facteurs de risque. Certains types d’arthrite peuvent aussi provoquer une inflammation des tendons sous le pied et entraîner une fasciite plantaire. Le diabète est également associé à cette pathologie, même si les médecins ne savent pas pourquoi elle survient plus souvent chez les personnes atteintes de diabète.

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Quelles sont les perspectives d’évolution ?

La douleur au talon est rarement permanente. La fasciite plantaire, principale cause de l’épine calcanéenne, est réversible et peut être traitée avec beaucoup de succès. Plus de 90% des personnes atteintes de fasciite plantaire ou d’éperons au talon voient leur situation s’améliorer considérablement avec un traitement de physiothérapie.

Le dépôt calcaire peut toujours apparaître sur les radiographies, même lorsque la douleur a disparu. Une fois l’inflammation adjacente maîtrisée, la douleur au talon peut s’estomper.

Si la fasciite plantaire ou la douleur au talon persiste après quelques mois de traitement conservateur, le médecin peut proposer une injection d’anti-inflammatoires stéroïdiens, appelés corticostéroïdes, dans le talon. Les injections de cortisone peuvent apporter un bénéfice à court terme, mais elles peuvent retarder les progrès à moyen et long terme.

Quel est le meilleur traitement contre l’épine calcanéenne ?

La biomécanique du pied est une cause majeure de fasciite plantaire et, par conséquent, d’épine de Lenoir. L’évaluer et la corriger aide à limiter les récidives et à réduire les contraintes sur le talon.

Le physiothérapeute peut évaluer la mécanique du pied et proposer un traitement adapté. Selon le bilan clinique, il peut recommander plusieurs approches manuelles et exercices :

  • des mobilisations articulaires pour relâcher les articulations raides ;
  • un massage des tissus mous ;
  • des exercices de flexibilité ou des étirements musculaires ;
  • des exercices de renforcement du pied ;
  • le port d’attelles la nuit.

Le traitement varie d’une personne à l’autre. Un spécialiste des soins des pieds peut aider à choisir la prise en charge la plus adaptée.

Les exercices de stabilisation active du pied constituent une solution de long terme pour prévenir et contrôler les épines calcanéennes. Ils peuvent être prescrits par un physiothérapeute.

Une rééducation efficace du talon repose sur plusieurs axes : prise en charge précoce des blessures, soulagement de la douleur, recours aux anti-inflammatoires lorsque c’est indiqué, récupération de l’amplitude de mouvement et restauration du contrôle musculaire de la voûte plantaire.

Le contrôle musculaire du mollet et de la jambe doit aussi être restauré, ainsi que la biomécanique normale du pied. En cas de déformation biomécanique modérée à sévère, une évaluation en physiothérapie peut aider à éviter une récidive chronique. L’injection de corticostéroïdes est plus efficace lorsqu’elle est associée à une correction biomécanique.

Le traitement mécanique, qui repose sur le port de ruban adhésif, d’orthèses ou de semelles orthopédiques, s’est montré plus efficace que les anti-inflammatoires ou les modalités d’accommodement.

Les attelles de nuit du fascia plantaire peuvent parfois soulager la douleur à court terme. Elles mettent le fascia plantaire en tension, ce qui peut apporter un soulagement temporaire. La perte de poids doit aussi être une priorité chez les patients en excès de poids.

Le chirurgien orthopédiste peut recommander une intervention chirurgicale en dernier recours. Cette chirurgie consiste à retirer l’épine de Lenoir et à détendre le muscle du fascia plantaire. Elle vise à réduire la douleur, mais aussi à améliorer la mobilité globale du pied. La plupart des personnes opérées ont également une fasciite plantaire. Comme plusieurs thérapies existent, la chirurgie reste peu courante pour cette affection.

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Illustration d’une épine calcanéenne au niveau du talon

Existe-t-il des remèdes alternatifs contre cette affection ?

Certaines thérapies alternatives peuvent aider à soulager la douleur et l’inflammation liées à l’épine calcanéenne ou à la fasciite plantaire.

Compresse froide

La thérapie par le froid peut soulager les tissus enflammés. Une option consiste à appliquer un sac de glace sur le talon. Il est aussi possible d’utiliser un pack de compression à froid, vendu dans de nombreuses pharmacies sous forme de sachets de gel ou de bandages.

Ces dispositifs se conservent au congélateur, puis s’enroulent autour du pied et de la cheville. Laissez agir la compresse pendant 10 minutes, puis relâchez. Répétez l’application toutes les heures pendant que vous êtes réveillé.

Cryothérapie par ultrasons

La cryothérapie par ultrasons associe une énergie électromagnétique et une thérapie par le froid pour soulager la douleur. L’appareil ressemble à une grosse baguette déplacée sur le pied et la cheville.

La recherche a montré que la cryothérapie par ultrasons est une option de traitement efficace pour les personnes ayant à la fois une fasciite plantaire et une épine calcanéenne. Les podiatres et les kinésithérapeutes proposent très souvent cette thérapie.

Comment prévenir les éperons calcanéens ?

La prévention repose surtout sur l’attention portée aux contraintes quotidiennes imposées aux pieds. Après une journée de marche, de station debout ou d’activité physique, le repos du pied aide à limiter l’accumulation de stress sur le talon.

Une douleur au talon ne doit pas être ignorée. Continuer à marcher, à faire de l’exercice ou à porter des chaussures qui déclenchent la douleur peut favoriser des problèmes plus durables. Après une activité douloureuse, massez la zone et reposez le pied jusqu’à amélioration.

Le traitement d’une maladie inflammatoire sous-jacente peut aussi contribuer à prévenir cette affection.

FAQ sur l’épine calcanéenne

Une épine calcanéenne fait-elle toujours mal ?

Non. Certaines épines calcanéennes ne provoquent aucun symptôme. Environ 50% des personnes atteintes d’éperons au talon ressentent une douleur.

Comment confirmer le diagnostic ?

Le diagnostic est généralement confirmé par une radiographie aux rayons X. Un podologue ou un chirurgien orthopédique peut aussi évaluer les symptômes et rechercher d’autres causes de douleur au talon.

Quelle est la différence avec la fasciite plantaire ?

L’épine calcanéenne est une excroissance osseuse. La fasciite plantaire est une inflammation douloureuse du fascia plantaire à son attache sur le talon. Les deux affections sont différentes, mais souvent liées.

La chirurgie est-elle nécessaire ?

Rarement. Elle peut être envisagée en dernier recours, lorsque les autres traitements ne suffisent pas. Elle consiste à retirer l’épine de Lenoir et à détendre le fascia plantaire.