La maladie de Morton, aussi appelée névrome de Morton, névrome plantaire ou métatarsalgie de Morton, correspond à une dégénérescence du nerf plantaire accompagnée d’une fibrose. Elle apparaît le plus souvent entre le 3ème et le 4ème métatarsien, soit 75% des cas, et plus rarement entre le 2ème et le 3ème métatarsien, soit 17% des cas.

Elle provoque une douleur à l’avant du pied, parfois décrite comme une brûlure, un picotement, un engourdissement ou une sensation de décharge électrique entre les orteils. Cette pathologie est assez fréquente. Son incidence chez la femme est 6 à 18 fois plus élevée que chez l’homme. Elle peut survenir à tout âge, mais touche surtout les personnes âgées de 20 à 40 ans.

Le point essentiel à retenir : le névrome de Morton ne se voit pas toujours de l’extérieur. Le pied peut sembler normal, alors que la douleur devient très gênante à la marche, dans certaines chaussures ou après une station debout prolongée.

Maladie de Morton : causes et facteurs favorisants

Les experts estiment que la principale cause du développement de cette maladie est une charge excessive sur l’avant du pied. Cette pression répétée irrite ou comprime le nerf plantaire, ce qui favorise son épaississement et l’apparition des symptômes.

Plusieurs facteurs peuvent augmenter cette charge sur l’avant-pied :

  • le port fréquent de chaussures à talons hauts ;
  • l’utilisation de chaussures trop serrées ou inconfortables ;
  • une démarche inappropriée ;
  • le surpoids ;
  • la longue marche ;
  • un travail en position debout ;
  • la pratique de sports comme le basket-ball, le volley-ball, le football ou le rugby.
Chaussures à talons hauts pouvant augmenter la pression sur l'avant du pied
Le port régulier de chaussures à hauts talons, notamment de modèles inappropriés, peut provoquer un névrome de Morton.

La maladie de Morton peut aussi se développer en présence de déformations du pied, comme les pieds plats ou l’hallux valgus.

Certaines blessures au pied, notamment les fractures, les luxations et les ecchymoses, peuvent également participer à la formation d’un névrome de Morton. Le mécanisme peut être une lésion nerveuse directe, une compression par un hématome ou le développement d’un pied plat post-traumatique.

D’autres éléments déclencheurs sont parfois cités :

  • les infections chroniques du pied ;
  • la bursite ou la tendovaginite du pied ;
  • l’athérosclérose oblitérante ;
  • l’endartérite oblitérante des membres inférieurs ;
  • la présence d’un lipome situé au niveau des os métatarsiens.

Ces facteurs peuvent exercer un effet irritant ou compressif sur le nerf commun. En réponse, la gaine nerveuse se compacte et s’épaissit. Une régénération réactive des fibres et une croissance périneurale du tissu conjonctif peuvent apparaître. Les traumatismes chroniques peuvent aussi entraîner la formation d’infiltrats inflammatoires et conduire à la fusion du tissu épineural avec les structures musculo-squelettiques voisines.

Symptômes du névrome de Morton

Les symptômes typiques sont une douleur lancinante à l’avant du pied et dans les orteils, associée à des picotements. La douleur augmente lorsque le pied est pressé ou sollicité. Elle diminue souvent en position assise ou couchée.

Une évolution sans symptôme est possible lorsque la taille du névrome est inférieure à 5 mm.

  Fêtes et sevrage tabagique : comment tenir le cap sans se priver de convivialité ?

Avec la progression de la maladie, la douleur peut devenir fulgurante, surtout dans la région des 3èmes ou 4èmes orteils après un effort. Elle peut s’accompagner de paresthésies, d’une allodynie et d’autres troubles de la sensibilité. La nuit, l’inconfort disparaît généralement.

Si la prise en charge tarde, les symptômes peuvent s’aggraver. La douleur devient plus fréquente, plus intense, puis peut apparaître au repos. Le patient décrit parfois l’impression d’avoir un corps étranger dans la chaussure, alors qu’aucune modification externe du pied n’est visible.

À la palpation, la douleur augmente fortement. Les troubles sensitifs peuvent aussi progresser, jusqu’à l’anesthésie.

La douleur est souvent mécanique, comparable à un choc électrique. Elle augmente dans l’après-midi ou après un certain temps passé debout. Elle varie selon les chaussures utilisées et s’aggrave souvent avec les modèles à bout étroit.

La zone douloureuse correspond à la partie antérieure du pied et aux orteils en contact avec le névrome. La course à pied, la marche ou la danse peuvent accentuer la dorsiflexion des doigts et la surcharge dans cette région.

Douleur à l'avant du pied entre les orteils évocatrice d'un névrome de Morton
Le malade atteint de la maladie de Morton ressent de la douleur, un engourdissement et des brûlures dans la partie antérieure du pied et entre certains orteils, notamment au niveau du 3ème intervalle interplusaire.

Quand demander un avis médical ?

Une douleur persistante à l’avant du pied, surtout si elle revient à la marche, avec certaines chaussures ou après une station debout prolongée, mérite un avis médical. C’est aussi le cas en présence de picotements, d’engourdissement, de brûlure ou d’une sensation de décharge électrique entre les orteils.

Le diagnostic permet de distinguer le névrome de Morton d’autres causes de douleurs du pied, comme une fracture de fatigue, une arthrite, une synovite ou une atteinte venant du rachis lombaire.

Diagnostic de la maladie de Morton

Le diagnostic clinique repose d’abord sur la localisation caractéristique de la douleur. Lors de la palpation du 3ème intervalle interplusaire, le patient ressent généralement un engourdissement et une sensation de brûlure. Les troubles du mouvement ne sont pas caractéristiques. Les perturbations sensorielles confirment la dégénérescence neurale.

Les examens instrumentaux ne confirment pas toujours le diagnostic avec certitude. L’imagerie par résonance magnétique peut donner des résultats discutables. La tomodensitométrie du pied apporte rarement des informations satisfaisantes, car il s’agit d’une formation de tissus mous sans dépôts minéraux. Les rayons X permettent parfois de visualiser la compression du névrome.

L’échographie fait partie des méthodes utilisées pour étudier les structures des tissus mous du pied. Cependant, l’utilisation des ultrasons pour le diagnostic des maladies des nerfs périphériques n’est pas suffisamment développée. La diminution de la douleur après un blocage thérapeutique et diagnostique du nerf interplusal avec une solution d’anesthésique local constitue un élément convaincant en faveur du névrome.

Des douleurs du pied et des orteils sont fréquentes en pratique clinique. Dans beaucoup de cas, elles sont liées à une déformation du pied, qui peut survenir dans diverses conditions pathologiques, notamment la tendinite d’Achille. Pourtant, une déformation importante ne s’accompagne pas toujours d’une douleur marquée, comme chez certains patients atteints de paraplégie spastique héréditaire.

  Suivre l'actualité santé : notre Top 3 des sites à suivre

Le diagnostic différentiel de la maladie de Morton consiste à écarter plusieurs causes possibles :

  • les synovites de l’articulation métatarsophalangienne ;
  • les fractures de fatigue des os du métatarse ;
  • les arthrites de l’articulation métatarsophalangienne ;
  • les ostéonécroses des têtes métatarsiennes ;
  • les lésions néoplasiques des os ;
  • les maladies du rachis lombaire.

Cette logique de diagnostic, fondée sur les symptômes, l’examen clinique et l’exclusion d’autres causes, se retrouve dans d’autres dossiers santé comme la maladie de Horton ou la maladie de Basedow.

Traitements possibles de la maladie de Morton

Deux approches thérapeutiques sont utilisées pour traiter ce syndrome : le traitement conservateur et le traitement chirurgical. Le choix dépend notamment de l’intensité des douleurs, de leur ancienneté, de la gêne à la marche et de la réponse aux premières mesures.

Traitement conservateur

Aux premiers stades, le traitement conservateur est privilégié. Les premières recommandations du médecin traitant sont l’allègement des pieds, l’utilisation périodique de coussins métatarsiens et le port de chaussures avec un support rétrocapital. L’objectif est de réduire la pression exercée sur la fibre nerveuse.

Les semelles orthopédiques sur mesure peuvent augmenter l’efficacité du traitement conservateur. Elles aident à réduire la charge sur l’avant du pied et à normaliser la cambrure transversale. Elles diminuent aussi la pression des os et des ligaments sur le nerf endommagé, ce qui peut stopper la progression de la maladie.

Ce traitement vise également à limiter le processus inflammatoire dans les fibres nerveuses et les tissus. La douleur peut alors diminuer nettement, voire disparaître. La restauration de la structure du pied contribue aussi à une marche plus correcte.

Si le syndrome douloureux n’est pas prononcé, des compresses peuvent être utilisées avec différents ingrédients comme du dimexidum, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des anesthésiques locaux et des relaxants musculaires. Ces compresses peuvent être associées à une thérapie manuelle.

Si l’effet des compresses reste insuffisant, des injections de glucocorticoïdes peuvent être réalisées dans l’espace interplusaire situé à l’arrière du pied. Dans la moitié des cas, cela entraîne une amélioration de l’évolution de la maladie et, dans un tiers des cas, une guérison complète. En cas d’arthrose déformante, un traitement prophylactique chondroprotecteur peut être prescrit.

Thérapie manuelle du pied utilisée dans la prise en charge conservatrice du névrome de Morton
Avant d’envisager la chirurgie, plusieurs types de traitements conservateurs permettent de soulager ou de guérir le névrome de Morton.

Traitement chirurgical

Lorsque les méthodes conservatrices ne suffisent pas, un traitement chirurgical peut être proposé. Plusieurs approches existent.

L’opération la plus courante est l’ablation du neurome sous anesthésie locale. Comme le neurome fait partie d’un nerf, sa région hypertrophiée et enflammée est excisée. Dans la plupart des cas, cela élimine la douleur. Les fonctions motrices et d’appui du pied n’en souffrent pas. Le processus de rééducation dure en moyenne 2 à 4 semaines, période pendant laquelle il est recommandé de réduire la charge exercée sur le pied.

Certains chirurgiens considèrent que l’excision de la région enflammée du nerf est une méthode trop radicale. Ils proposent alors une libération du ligament transverse entre les os métatarsiens afin d’éliminer la compression nerveuse. L’un des avantages de cette méthode est l’absence de troubles sensoriels. Si cette opération ne donne pas le résultat attendu, l’excision du neurome reste possible.

  Piqûres d’insectes : reconnaître moustique, punaise, abeille, fourmi et araignée 🦟

L’ostéotomie du 4ème métatarsien est la méthode chirurgicale la moins utilisée. Elle consiste à déplacer la tête du quatrième os métatarsien afin d’obtenir une décompression du nerf. Cette manipulation est effectuée sous rayons X, au moyen d’une incision ou d’une ponction de la peau.

L’analyse de l’efficacité du traitement chirurgical du neurome de Morton a montré d’excellents résultats :

  • absence complète de syndrome douloureux et d’autres symptômes dans 45% des cas ;
  • réduction significative du syndrome douloureux et régression presque complète des symptômes neurologiques dans 32% des cas ;
  • syndrome douloureux légèrement diminué, mais persistance des symptômes neurologiques dans 8% des cas.

Tableau récapitulatif des prises en charge

Approche Principe Situation décrite
Allègement du pied et chaussures adaptées Réduire la pression sur l’avant du pied et sur le nerf Premières recommandations du médecin traitant
Coussins métatarsiens et support rétrocapital Diminuer la compression de la fibre nerveuse Traitement conservateur aux premiers stades
Semelles orthopédiques sur mesure Réduire la charge sur l’avant-pied et normaliser la cambrure transversale Pour améliorer l’efficacité du traitement conservateur
Compresses, thérapie manuelle, injections Agir sur la douleur et l’inflammation Lorsque la douleur persiste selon l’intensité du syndrome douloureux
Chirurgie Retirer le neurome, libérer le ligament transverse ou décomprimer le nerf En cas de résistance aux traitements conservateurs

FAQ sur la maladie de Morton

La maladie de Morton touche-t-elle surtout les femmes ?

Oui. L’article indique que son incidence chez la femme est 6 à 18 fois plus élevée que chez l’homme.

Où se situe le plus souvent le névrome de Morton ?

Il apparaît généralement entre le 3ème et le 4ème métatarsien, dans 75% des cas. Il peut aussi se situer entre le 2ème et le 3ème métatarsien, dans 17% des cas.

Quels symptômes doivent faire penser à un névrome de Morton ?

Une douleur à l’avant du pied, des brûlures, des picotements, un engourdissement ou une sensation de choc électrique entre les orteils sont évocateurs, surtout si les symptômes augmentent avec la marche, la station debout ou les chaussures étroites.

Le traitement passe-t-il toujours par la chirurgie ?

Non. Le traitement conservateur est généralement proposé au début : allègement du pied, coussins métatarsiens, chaussures adaptées, semelles orthopédiques, compresses, thérapie manuelle ou injections selon les cas. La chirurgie est envisagée si ces méthodes ne suffisent pas.

La douleur peut-elle disparaître au repos ?

Oui. La douleur diminue souvent en position assise ou couchée. L’article indique aussi que l’inconfort disparaît généralement la nuit.